Que ce qui n'ont jamais eu peur d'avoir un enfant anormal lèvent la main.
Personne n'a levé la main.
Tout le monde y pense, comme on pense à un tremblement de terre, comme on pense à la fin du monde, quelque chose qui n'arrive qu'une fois.
J'ai eu deux fins du monde.
(…)
Des efforts sont actuellement faits pour permettre l'intégration des handicapés sur le marché du travail. Les entreprises qui les engagent ont droit à des avantages fiscaux et des abattement de charges. Quelle bonne initiative. Je connais, en province, un restaurant qui fait travailler de jeunes débiles légers pour le service, ils sont touchants, ils vous servent avec une bonne volonté infinie, mais attention, évitez les plats en sauce, ou alors mettez un ciré.
Je ne peux pas m'empêcher d'imaginer Mathieu et Thomas sur le marché du travail.
Mathieu, qui fait souvent "vroum-vroum" pourrait faire chauffeur routier, il traverserait l'Europe à fond la caisse au volant d'un semi-remorque de plusieurs tonnes, avec le pare-brise couvert de nounours.
Thomas qui aime bien jouer avec les petits avions et les ranger dans des boîtes, pourrait faire aiguilleur du ciel, il serait chargé de faire atterir des gros porteurs.
Tu n'as pas honte, Jean-Louis, toi, leu père, de te moquer de deux petits mioches qui ne peuvent même pas se défendre ?
Non. Ca n'empêche pas les sentiments.
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Incroyable ce blog et ces habitants sont vivants, oui oui. L'ironie du sort voulant que j'ai personnellement, vraiment recommencé à lire, que j'ai au moins 6 livres à vous faire partager, et aucune excuse si ce n'est l'appel de mon (si confortable) canapé. Sinon, je vais au cinéma et je pourrais vous faire une revue des derniers films à voir au ciné, ça je suis à jour !
Bref, Où on va Papa ? Inutile de préciser par qui m'a été offert ce livre ? Toujours le même, à croire qu'il finance mes lectures (entres autres, j'ai un carnet de mécènes à mon actif oui oui). Je me souviens encore de la petite remarque qu'il m'a faite quand il me l'a offert : " C'est l'histoire d'un père et de ces deux enfants handicapés, loin des histoires d'amour que tu veux pas, VOILA " (A peu de choses près)
Et, si le livre est resté dans un coin pendant un petit mois, je l'ai dévoré en deux jours. Bon ok, il est pas très gros. 160 pages d'humour noir, de cynisme et de franc parler. Alors oui, par moment Jean-Louis Fournier choque. On se dit qu'il est vraiment sévère avec ses enfants qui n'y peuvent rien, qui n'ont rien demandé, qu'il est sans coeur; mais au fond son humour cache une réelle sensibilité qui m'a touchée. Son discours est profondément humain : il y a des jours avec, où il prend la défense de ses enfants, où il se surprend à rêver d'une vie meilleure qui leur sera un jour accessible, et d'autres jours où rien ne va, où ce père se demande sur leur avenir, mais quel avenir ?
On apprend avec lui que cette normalité si acquise aujourd'hui par chacun ne l'ai pas par tous, qu'elle se gagne au quotidien pour d'autres. Apprendre à tenir une cuillère par exemple, geste si anodin pour nous, relève d'une prouesse d'équilibriste pour les aides-soignants des personnes handicapés. On se surprend à espérer une fin heureuse, mais quelle fin peut l'être, si dès le départ, les cartes sont déjà jouése à découvert, si on sait que quoiqu'il arrive la roue tournera jamais dans notre sens ?
Cette normalité tant désirée, surtout pour un parent, ne viendra jamais. Jamais ces enfants ne s'emerveilleront devant un récital de Mozart, feront des caprices pour une paire de basket, ou ne se marireront avec une conne. (c'est pas moi qui le dit c'est Jean-Louis!) Ils sont indatables.
Ce livre m'a vraiment fait relativiser mes petits tracas du quotidien : la routine,la solitude, les chichis qu'on se crée pour un rien ne semble qu'un grand de sable à côté de la difficulté d'éléver des enfants handicapés. Je ne m'attendais pas à être aussi émue par ce témoignage (je n'avouerais pas que j'ai versé ma petite larme et eu un gros pincement au coeur en le terminant), mais jolie surprise, même si le contenu est déchirant, et nous pousse dans nos retranchements.Et si ça nous arrivait un jour, comment réagirions-nous ?
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Références :
Où on va papa?, Jean-Louis Fournier
Editions Le livre de Poche
160 Pages






