Jean-Louis Fournier – Où on va, papa ?

Que ce qui n'ont jamais eu peur d'avoir un enfant anormal lèvent la main.
Personne n'a levé la main.
  Tout le monde y pense, comme on pense à un tremblement de terre, comme on pense à la fin du monde, quelque chose qui n'arrive qu'une fois.
  J'ai eu deux fins du monde.

(…)

Des efforts sont actuellement faits pour permettre l'intégration des handicapés sur le marché du travail. Les entreprises qui les engagent ont droit à des avantages fiscaux et des abattement de charges. Quelle bonne initiative. Je connais, en province, un restaurant qui fait travailler de jeunes débiles légers pour le service, ils sont touchants, ils vous servent avec une bonne volonté infinie, mais attention, évitez les plats en sauce, ou alors mettez un ciré.
   Je ne peux pas m'empêcher d'imaginer Mathieu et Thomas sur le marché du travail.
   Mathieu, qui fait souvent "vroum-vroum" pourrait faire chauffeur routier, il traverserait l'Europe à fond la caisse au volant d'un semi-remorque de plusieurs tonnes, avec le pare-brise couvert de nounours.
  Thomas qui aime bien jouer avec les petits avions et les ranger dans des boîtes, pourrait faire aiguilleur du ciel, il serait chargé de faire atterir des gros porteurs.
  Tu n'as pas honte, Jean-Louis, toi, leu père, de te moquer de deux petits mioches qui ne peuvent même pas se défendre ?
 Non. Ca n'empêche pas les sentiments.

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Incroyable ce blog et ces habitants sont vivants, oui oui. L'ironie du sort voulant que j'ai personnellement, vraiment recommencé à lire, que j'ai au moins 6 livres à vous faire partager, et aucune excuse si ce n'est l'appel de mon (si confortable) canapé. Sinon, je vais au cinéma et je pourrais vous faire une revue des derniers films à voir au ciné, ça je suis à jour ! 

Bref, Où on va Papa ? Inutile de préciser par qui m'a été offert ce livre ? Toujours le même, à croire qu'il finance mes lectures (entres autres, j'ai un carnet de mécènes à mon actif oui oui). Je me souviens encore de la petite remarque qu'il m'a faite quand il me l'a offert : " C'est l'histoire d'un père et de ces deux enfants handicapés, loin des histoires d'amour que tu veux pas, VOILA " (A peu de choses près)

Et, si le livre est resté dans un coin pendant un petit mois, je l'ai dévoré en deux jours. Bon ok, il est pas très gros. 160 pages d'humour noir, de cynisme et de franc parler. Alors oui, par moment Jean-Louis Fournier choque. On se dit qu'il est vraiment sévère avec ses enfants qui n'y peuvent rien, qui n'ont rien demandé, qu'il est sans coeur; mais au fond son humour cache une réelle sensibilité qui m'a touchée. Son discours est profondément humain : il y a des jours avec, où il prend la défense de ses enfants, où il se surprend à rêver d'une vie meilleure qui leur sera un jour accessible, et d'autres jours où rien ne va, où ce père se demande sur leur avenir, mais quel avenir ? 

On apprend avec lui que cette normalité si acquise aujourd'hui par chacun ne l'ai pas par tous, qu'elle se gagne au quotidien pour d'autres. Apprendre à tenir une cuillère par exemple, geste si anodin pour nous, relève d'une prouesse d'équilibriste pour les aides-soignants des personnes handicapés. On se surprend à espérer une fin heureuse, mais quelle fin peut l'être, si dès le départ, les cartes sont déjà jouése à découvert, si on sait que quoiqu'il arrive la roue tournera jamais dans notre sens ?

Cette normalité tant désirée, surtout pour un parent, ne viendra jamais. Jamais ces enfants ne s'emerveilleront devant un récital de Mozart, feront des caprices pour une paire de basket, ou ne se marireront avec une conne. (c'est pas moi qui le dit c'est Jean-Louis!) Ils sont indatables. 

Ce livre m'a vraiment fait relativiser mes petits tracas du quotidien : la routine,la solitude, les chichis qu'on se crée pour un rien ne semble qu'un grand de sable à côté de la difficulté d'éléver des enfants handicapés. Je ne m'attendais pas à être aussi émue par ce témoignage (je n'avouerais pas que j'ai versé ma petite larme et eu un gros pincement au coeur en le terminant), mais jolie surprise, même si le contenu est déchirant, et nous pousse dans nos retranchements.Et si ça nous arrivait un jour, comment réagirions-nous ? 

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Références : 

Où on va papa?, Jean-Louis Fournier 
Editions Le livre de Poche
160 Pages

 

Julie Schwob – Yes we cook

Bon soyons honnête, ça me coûte vraiment beaucoup de faire cette rubrique aujourd'hui alors que je viens de décréter ce matin que je me mettais au régime ! Mais bon, avec mes cinquantes bouquins de cuisines, je ne pouvais pas vous faire faux bonds juste parce que de mon côté, je ne peux pas en profiter …. 

J'ai acheté ce livre il y a bien un an de cela, j'étais surprise de trouver un livre sur la cuisine américain qui ne se résume pas à un simple livret " Variante autour du Burger".(Oui, j'aime les stéréotypes) Finalement ce livre a été une vraie petite surprise, que je me suis empressée de partager avec une de mes meilleures amies qui elle aussi adore cuisiner. Au fur et à mesure qu'elle le parcourait tout lui donnait envie. J'ai une méthode un peu particulière pour choisir un livre de cuisine. Généralement je parcours les rayons sans avoir d'idées précises, je prend un livre, l'ouvre au hasard et lit les 5-6 pages qui suivent. Je ne lis pas la recette en entier, juste la liste des ingrédients ( pour savoir si j'aime tout, et que je ne vais pas être obligée de faire des variantes pour chaque recette) et la clareté des étapes ( pour le coups je lis juste une recette en entier). 

Je suis extrémement influençable en matière de marketing produit. Si la couverture est jolie, qu'il y a un vrai travail sur les photos et sur la mise en page des recettes, je craque à coup sûr. A mon sens, il me parait fou aujourd'hui de vendre un livre de recette sans qu'il soit un minimum sexy/classe/original/drôle/atypique ( rayez les mentions inutiles). Avec la profusion des blogs culinaires,et  des émissions TV culinaires, le livre de cuisine a une grande concurrence indirecte. De faite, mis à part le premier livre dont je vous ai parlé qui soit assez généraliste ( Le petit Larousse Cuisiner), tous les autres sont des livres que je possède ont une spécialité. 
 

En l'occurence, (revenons à nos moutons) ici c'est la cuisine ricaine. 11 chapitres, 50 recettes, un tour des USA et de ses plats typiques régionales. On commence avec l'American Breakfast, les traditionels Pancakes aux mytrilles et autres smooties et Oeuf bénédct. En plus des jolies photos,  chaque recette est accompagnée de sa petite histoire. Saviez-vous par exemple, que le Brownie a été crée lors de la Foire Internationales de Chicago en 1893 ? Un voyage au Texas,  un tour par la cuisine Cajun, les Etats du soleil, les grands espaces et hop la recette de la traditionnelle dinde de Thanksgiving ! 50 recettes c'est peu, quand elles sont toutes aussi apétissantes on en redemande ! Le petit bonus ? Les bonnes adresses où déguster et acheter les produits des Etats-Unis à la fin : restaurants, et épiceries fines ! seul bémol pour ce petit bonus… les adresses sont parisiennes. Dommage pour nos amis de Province! 

Venez me dire après ça que la cuisine ricaine se résume à la junk food !

 

Nb : Le filon a du bien marché, puisque l'auteure a écrit un deuxième livre de cuisine : God Save the Cook – focus sur nos amis d'outre manche. Je l'ai feuilleté à la libraire, mais pas de coups de coeur. Ils mangent vraiment des trucs bizarre ces anglais ! Dear God !

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Ma recette du moment : 

Pour 6 personnes : 

1 rouleau de pâte sablée
350 g de Noix de Pécan entières
3 oeufs
150 g de Miel 
180 g de cassonade
50g de beurre fondu
1 cuillerée à soupe d'extrait de vanille liquide

 

  • Préchauffez le four à 180°C 
  • Ganissez le moule de pâte. Recouvrez la pâte d'une feuille de papier sulfurisé et de haricots sec. Faites cuire la pâte à blanc pendant 15 mins
  • Hachez grossièrement la moitié des noix de pécan. Conservez les autres entières. 
  • Dans un saladier, batter les oeufs avec la cassonade et le miel. Ajoutez le beurre fondu, l'extrait de vanille puis les noix de pécan hachées. 
  • Garnissez un moule à tarte de pâte sablée. Versez la préparation par-dessus. Déposez les noix de pécan entières sur le dessus en faisant un dessin. 
  • Enfournez et faites cuire 1heur. Laissez refroidir avant de servir sinon la tarte se tiendra moins bien. 

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Références : 

Yes we cook, Julie Schwob 
Editions Mango
133 Pages

Olivier Magny – Dessine-moi un parisien

Le mot sympa

En Amérique, on peut se débrouiller en ne maîtrisant que dix adjectifs. A Paris, un seul suffit : sympa. A l'origine, sympa était un diminutif pour sympathique : était sympa : les gens, les lieux, les moments les activités… Formidablement non impliquant, le terme est devenu courant à Paris. La plupart des choses peuvent non seulement être sympas, mais, miracle, elles le sont presque toutes devenues. Ainsi à Paris, la question " c'était comment ? " ne peut avoir qu'une seule réponse : " sympa"

(…)

A mesure que sa portée s'est élargie, le poids du mot à diminuer, ennoblissant des expédients tels que "hyper sympa" ou " super sympa" au rang d'expressions centrales de la vie sociale parisienne. Parmi la jeunesse parisienne, le mot sympa est si central que l'employer dépourvu de hyper, super, vraiment ou carrément est devenu suspect. Si un jeune parisien vous dit qu'un endroit est sympa c'est qu'il n'a pas été emballé. Avec un amoncellement d'adjuvants positifs, la jeunesse parisienne parvient à assombrir la réalité. Sympas, ces jeunes !

Parlez Parisien : " C'était sympa, mais je suis rentrée tôt, j'étais crevée"

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  Paris, ah Paris… rêve de bon nombres d'adolescents provinciaux qui voient en cette ville la possibilité d'accomplir tout leurs rêves les plus fous. Quand je suis arrivée à Paris, je n'étais ni emballée, ni surexicitée, ni stressée. C'était juste un déménagement de plus.  Et puis je suis allée à l'Université, et j'ai compris que je n'étais pas du même monde. Comme si ce n'était pas la navette Air France que j'avais prise deux semaines auparavant, mais plutôt, la navette spatiale pour Mars. Paris a ses codes, ses lois intangibles. Une sous-culture à elle-seule, qui mériterait une analyse sociologique. Et aussi une térapie générale. 

  J'ai appris à aimer Paris, et appris ses codes. Certains me sont venus naturellement, d'autre par effet d'imitation Généralement, quand je disais que je venais du sud,  les gens s'amusaient à prendre l'accent du sud. Le fait que, je n'ai pas l'accent, que je n'aime pas le Pastis, ni l'huile d'olive, et que je suis loin de maitrisée la subtilité du stratagème "tirer ou pointer" à la Pétanque. Mais, au bout de trois ans et demi à Paris, je peux carrément dire que certains travers du Parisien me sont venus naturellement. De fait, quand j'ai découvert ce petit ouvrage Dessine-moi un parisien, bourrée d'humour et de verité, je n'ai pu que l'acheté. 

 A lire le sommaire, on pourrait croire qu'il s'agit là que d'une énumération des passions et travers du parisien de base : Le café gourmant, les p'tits week-ends ou encore les soirée.Sauf que, c'est beaucoup plus subtil. Et heureusement, car le parisien aime la dérision. J'aime beaucoup montrer ce livre à mes invités pures souches parisiens, car bon public, ils reconnaissent volontiers, qu'ils rentrent tous facilement dans ce moule Made In IDF. Et pour ceux qui ne veulent pas l'admettre…je les renvois directement au chapitre sur Les Origines. " Si identifier un étranger à Paris est donc facile, reconnaître un Français qui vit à Paris mais n'y a pas grandi est plus délicat. Le secret un fois encore est d'écouter, attentivement. A la seconde où il dira qu'il est parisien, vous pouvez être certain d'une chose : il ne l'est pas." 

Un gros coups de coeur donc, pour ce livre, tant le contenu que le contenant. Le livre a une très jolie couverture, et les chapitres fonctionnent sous forme de fiches, ce qui incitent vraiment à lire certains passages, à en omettre certains puis y revenir sans cesse. Une belle analyse du parisien, à prendre au second degrés… quoique… Parisiens à qui j'ai pu montrer ce livre ont tous été unanyme mot pour mot " C'est trop ça"

Je suis déçue de moi-même, ça fait deux mois que ce livre attend d'avoir sa critique élogieuse, je voulais vous en faire part comme idée-cadeau pour Noël et puis, la paresse a eu raison de moi, c'est donc que maintenant que je trouve le temps ( et l'envie ) de le faire.  Mais Dessine-moi un Parisien reste une très bonne idée de cadeau.

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Références :

Dessine-moi un Parisien, Olivier Maguy
Editions 10/18
210 Pages

 

Erik Orsenna – Les chevaliers du subjonctif

 

- Commençons par le plus simple, l'endroit où tu habites : l'Indicatif, c'est ce qui existe. 
- ça je sais. Ce qui existe, ce qui a existé, ce qui existera. Du concret. Du concret. Du certain.  Du réel. 
- Parfait ! Nous, les subjonctifs, nous nous interessons au possible. Ce qui pourrait arriver. En bien ou en mal. Je veux qu'il vienne. Je veux qu'elle guérisse. 

(..)

- Arrête de m'embrouiller. Ce que je ne comprend pas, c'est pourquoi Nécrole vous déteste tant, pourquoi il veut lancer l'assaut  contre vous. 
- Je te l'ai expliqué : le subjonctif est l'univers du possible. 
- Et alors ? 
- Réfléchis un peu, Jeanne. Qu'est ce que le possible ? 
- Quelque chose qu'on pourrait faire…
- Mais qu'on n'a pas fait. Pas encore fait. Pas voulu faire. Réclamer le possible, tout le possible, c'est critiquer le réel, le monde tel qu'il est, la pauvreté, les injustices. Et donc critiquer les politiques, pas tous mais ceux, comme Nécrole, qui veulent que rien ne change : ils se satisfont très bien du monde tel qu'il est.
- Le subjonctif est un mode révolutionnaire, c'est ça ? 
- On peut le dire. 

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             J'ai dévoré ce livre en l'espace d'un week-end, mon fameux week-end bordelais où je suis allée rendre visite à mon cher accolyte (qui a toujours de bonnes excuses pour ne pas écrire ). Et ô surprise, à mon arrivée j'avais à petit paquet cadeau Mollat ( aka la plus grande librairie indépendante de France est à Bordeaux oui oui) pour mon anniversaire. Comme j'ai pu en parler dans le poste concernant le premier tome La grammaire est une chanson douce, c'est Jérémy qui m'a initié à Erik Orsenna, je ne voulais pas entendre parler d'un livre qui parlait d'amour dès le quatrième de couverture. Finalement, ce fut une bonne surprise. Un grand coup de coeur même devrais-je dire ! Qu'en est-il de celui-ci ? 

            Bien sûr j'ai été ravie de retrouver Jeanne et Thomas dans de nouvelles aventures. Le style d'Erik Orsenna fonctionne toujours aussi bien, c'est poétique, et simple. Certains passages sont de petits interludes philosophiques qui ne peuvent que plaire aux plus grands. Quand j'étais plus petite, je detestais le français et la grammaire. Et puis en grandissant, j'ai compris la subtilité de notre langue, et je ne l'en ai aimé que d'avantages. Aujourd'hui, j'ai cette fâcheuse habitude de reprendre les gens quand ils conjugent mal leur phrase, et je peux vous assurer que le subjonctif est boudé par beaucoup de français. J'adore la subtilité de notre langue, pouvoir juste par la terminaison de verbe, changer la signification de toute la phrase, et deviner toutes les implications que celle-ci peut avoir. Ceci étant d'autant plus vrai qu'on s'approche du domaine des sentiments. 

            J'ai beaucoup aimé l'histoire de Madame Jargonos, qui tombe amoureuse et décide de supprimer le conditionnel de sa conjugaison personnelle, car elle le trouve triste et n'inspirant qu'à vivre dans le doute. J'ai trouvé cette suite logique très intéressante mais en même temps assez prévisible, un peu trop logique même, et n'aspirant pas à toute la curiosité que j'attendais de la part d' Erik Orsenna. Avec une morale "Une fois qu'on a compris l'utilité de la grammaire, passons à la conjugaison". Toutefois, j'admire le travail de M.Orsenna,et lui trouve des airs d'Antoine de Saint-Expupéry dans sa manière de raconter des histoires tout public. (L'insertion d'aquarelle aidant) Ce qui n'est pas pour me déplaire. 

           Jérémy a eu la gentilesse de m'offrir le dernier volume des aventures de Jeanne, La révolte des accents. Une nouvelle critique très vite. (billet programmé) Pour ce qui est de notre défi : de mon côté, je n'ai pas fini le tome 1, Jérémy oui mais il n'en a pas fait la critique donc il ne peut pas commencer le Tome 2 ( oui oui c'était ça les règles jeune homme, j'espère que tu triches pas). Notre absence est principalement du à notre période de partiel, d'ici fin janvier, les critiques seront plus abondantes. Pour ma part, j'ai prévu de rédiger plusieurs articles les week-ends afin d'avoir une publication programmée et variée le plus tôt possible. Mercredi donc,… on cuisine ! 

 

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Références :

Les chevaliers du subjonctif, Erik Orsenna
Editions Le livre de Poche
181 Pages

 

Tuer le père – Amelie Nothomb

Un jour, Joe demanda à Christina, le plus simplement du monde, comment s'y prendre pour faire l'amour. Elle sourit et répondit :
- Tu devrais plutôt poser cette question à Norman. Son point de vue t'apportera davantage que le mien. Plus tard, elle demanda à Norman si Joe lui avait posé cette fameuse question.
- Laquelle ?
- Comment s'y prendre pour faire l'amour.
- Non, dit-il en riant. Il n'a pas eu ce courage. – Il l'a eu avec moi.
Norman resta songeur.

- Il doit être un peu amoureux de toi. Ca me rassure.
- Pourquoi ?
- Ca prouve qu'il est normal.
- Tu en doutais ?
- Oui. Quand je lui enseigne la magie, il est tellement bizarre, presque effrayant. Il boit mes paroles et, en même temps je sens qu'il veut me sauter à la gorge et me déchiqueter de toutes ses dents.
- Il t'adore !
- Oui. Il m'adore comme un gamin de quinze ans adore son père. Donc, il a envie de me tuer.
- Et toi, tu le considère comme ton fils ?
- Il y a de ça. J'ai beaucoup d'admiration et d'affection pour lui. Quand je pars, il me manque. Quand je reviens, il m'énerve et m'exaspère.
- Tu as peur de lui.
- Non. J'ai peur pour lui
- Alors, il est ton fils.

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Me revoilà ! Enfin ! Que de choses se sont passées en l'espace d'un mois, je n'ai quasiment pas eu le temps de lire, ni d'écrire. Heureusement vendredi soir (ndlr: il y a deux semaines maintenant que j'ai commencé cette article), j'ai eu l'agréable surprise de recevoir Tuer le père d'Amelie Nothomb de la part de Price Minister. Je l'ai dévoré en l'espace de 24H. Il faut dire qu'Amélie Nothomb n'est pas connu pour écrire des pavés. 

Je suis très attachée à cette auteur car c'est elle qui m'a fait découvrir la littérature contemporaire. Avant, je ne jurais que par la littérature classique : Balzac, Wilde, Zola entre autres. Et puis j'ai ouvert Stupeur et Tremblement, et j'ai enchainé ses ouvrages : Biographie de la faim, Métaphysique des tubes et Acide Sulfurique. 

Je crois que j'étais trop jeune pour apprécier les deux premiers, et je n'ai lu Acide Sulfurique qu'il n'y a 2 ans, alors que je l'avais acheté à sa sortie. Mais lorsque je l'ai lu, ce livre m'a bouleversée, j'y est vu plus qu'une histoire de télé-réalité saugrenue, j'y ai vu une vraie philosophie, un message sur l'importance des mots et de notre identité. Et ce message me parait toujours plus d'actualité, à mesure que les années passent. 

Du coup j'étais très impatiente de lire ce dernier opus d'Amelie Nothomb, et ravie de pouvoir le lire dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire de Price Minister. Ce que j'en retient de cet ouvrage ? 

Comme pour le précédent, je trouve ses romans facile à lire, elle manie très bien les dialogues et sort là où on ne s'y attend pas de vrais perles philosophique. J'ai dévoré ce roman avec un goût amer d'inachevé, car trop souvent je me dis que ses romans sont trop courts (en nombre de pages) pour le savourer réellement. Je le lis d'une traite vu son épaisseur et du coup, je n'ai pas ce sentiment de frustration qu'incombe au lecteur obligé d'attendre, de reflechir, d'imaginer la suite le bref instant pendant lequel il ne lit plus. 

L'histoire est originale, elle se passe dans le Nevada, dans une petite ville, où se joue une histoire de complexe oedipien mêlée à la vie d'artiste de magicien. Un roman atypique, qui m'a bluffée tant sur l'intrigue, que par le dénouement. Le personnage principal est très bien décrit, comme les personnages secondaires à dire vrai on sent toute la psychologie tortueuse typique d'un adolescent paumé qui n'a pas eu de chance dans la vie jusque là. Mais la description de l'univers de la magie est vite expédiée, peu approfondie, on se demande même comment cela peut-être le coeur de l'intrigue. Le seul passage qui m'a vraiment plus ( avec la fin, même si encore une fois elle est expéditive) fut l'épisode de Burning Man, le fameux festival hyppie/grunge/artiste de la région, où enfin quelque chose se passe ! (et puis faut dire qu'on l'attendais, on en parlais depuis 25 mins aussi)

Un plaisir mitigé de retrouver cette auteur que j'ai laissé de côté depuis 2 ans, mais un goût de reviens-y se lit sur mon clavier, peut-être pour un de ces premiers romans. Pas un coup de coeur de la rentrée, du fait de ma non-frustration, et du goût d'inachevé. Mais  toutefois une jolie lecture, qui m'a occupée un samedi matin cocooning, ce que je vous souhaite de même. 

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Références :

Tuer le père, Amelie Nothomb
Editions Albin Michel
150 Pages